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Les cinq points parfaits de la maîtrise

Je vais vous exposer mon travail pour décrire la manière dont j’ai vécules cinq points parfaits de la maitrise.
Cette planche, une guerre entre évidence et doute, dualité qui ne doit pas oublier qu’entre le noir et le blanc, il y a un fil.

Cette cérémonie été pour moi, la plus forte en émotions, peut-être pour l’avoir vécu en tant que spectateur, puis acteur, mais peut êtreégalement en voyant mon visage apparaître sur celui des mauvais compagnon savant de tomber en homme dans le cercle qui me sert de nouveau de caverne symbolique.

Pour me relever, il fallu les efforts conjugués de trois frères et cinq points parfaits de la maîtrise, qui ne se sont pas toujours appelés ainsi.

C’est pour cela qu’il sera important dans un premier temps d’en retracer leurs origines, afin de comprendre leurs sens symbolique, et le langage qu’il diffuse au travers du rituel.

Le nouveau maître pourra alors se relever verticalement dans cette chambre du milieu.

Notons bien que l’on parle des points parfaits de la maîtrise, mais pourquoi 5 et pas 7 et plus.

Pour cela il faut remonter avant 1738 car avant cette date le grade de maître n’existait pas et ces points parfaits étaient ceux du compagnon (five points of fellowship), que l’on apparentaient au mot « guilbrette » (adieu du compagnon qui part, mort ou vivant) d’autres auteurs le décrive comme un signe de reconnaissance ou l’art de relever un compagnon tombé d’un échafaudage.

Le nombre nous éclaire également car il est signe d’union, le nombre du centre, de l’harmonie et de l’équilibre.
Dans le bouddhisme japonais ainsi que chez les mayas, le 5 est le nombre de la « perfection ».
Pour les mexicains, le nombre 5 symbolise le passage d’une vie l’autre par la mort.
Il est aussi le symbole de l’univers, 2 axes, l’un vertical, l’autre horizontal, passant par un même centre.

Dans la gnose numérale, le 5 apparaît comme étant la quintessence (quinque), c’est aussi la 5ème lettre de l’alphabet hébreu « » qui est associé au souffle qui transmet.

En ce qui concerne le mot « parfait », il ne doit pas être considéré comme un adjectif mais comme un substantif, sa racine latine est « perfectus » qui peut être traduit par accomplissement, achèvement, régénérescence.

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- Pieds droit contre pieds droit, ensemble s ’enracinent à la terre, terre mère, « la pacha mama » des sud américains qui transmet la vie et dans laquelle notre pied fait levier pour intégrer symboliquement l’arbre de vie.

- La main, formant une griffe agrippant le poignet droit, c’est la main qui sauve, qui transmet, quiconstruit le temple.

- Genou contre genou, signe devolonté, du mouvement, mais aussi de l’humilité et du sacré, par son fléchissement et sa génuflexion. Il est donc à la fois courroie de transmission mais marque également les engagements que l’on prend vis-à-vis du sacré.

- Epaule contre épaule, rapprochement des poitrines, c’est l’union étroite des coeurs, c’est l’union des 2 sources du souffle, de l’amour et de la vie comme dirait Alain Pozarnic : « c’est ici que se situe notre véritable cabinet de réflexion ».

Il est le siège des émotions, mais aussi de la raison chez les égyptiens.

- Enfin la main gauche venant sur l’épaule droite afin de sceller cet entrelacement tel un lac
d’amour si l’on prend de la hauteur pour regarder cette scène.

Il permet au 2 corps de se rapprocher et de sentir cette chaleur de la vie et de la fraternité.

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Ainsi ces 5 points vont permettre le relèvement du cadavre et la transmission par le souffle.

Dans le « Graham », ces 5 points servent de clef à un récit légendaire de relèvement
d’un cadavre.

Dans un passage de l’Ancien testament, le personnage d’Elysée vient au secoure d’une veuve de Shounem dont le fils est mort : « Elysée entra, s’enferma avec l’enfant et pria le seigneur, puis il se coucha sur l’enfant, mis sa bouche sur sa bouche, ses yeux sur ses yeux, ses mains sur ses mains, il resta étendu sur lui, le corps de l’enfant se réchauffa. Elysée descendit dans la
maison, marcha de long en large, puis remonta s’étendre sur l’enfant, alors le garçon éternua sept fois et il ouvrit les yeux ».

Ces 5 points du compagnon tirent également un enrichissement légendaire comme dans les Ancien devoirs ou le personnage de « Noé » tiens une place importante et alimente symboliquement ce rite nécromantique de mort et de résurrection.

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Je suis donc à la place d’Hiram allongé sur un plan terrestre après avoir été frappé et tué par mes frères.
Je me retrouve sur la terre, mort car c’est le seul moyen pour le grain de blé de donner la vie dans cette terre nourricière.
Je suis donc tel l’homme de Vitruve dans ce cercle symbolique qu’on formé les 9 mîitres pour me retrouver.
Je suis prêt à ce moment à symboliser l’union entre le microcosme et le macrocosme, à rassembler ce qui est épars (coagula) dans cette caverne symbolique ou je me remémore le chemin parcouru et surtout celui qui reste à parcourir, infini recherche.

Harmoniser l’inconscient, le conscient et le sur-conscient pour passer de l’équerre au compas.

D’après Guénon dans Aperçu sur l’initiation : C’est une Troisième naissance « elle correspond à l’initiation première, c’est une régénération psychique…qui n’est que préparatoire par rapport à la réalisation des possibilités d’un ordre plus élevé, c’est à dire de l’ordre spirituel au vrai sens de ce mot…ce point auquel nous faisons allusion est donc celui qui marquera le passage de l’ordre psychique à l’ordre spirituel, on parle de seconde mort et de troisième naissance ».

Je vais donc par ces 5 points, transmetteur, souffle devie et d’amour devenir vertical, passer du niveau à la perpendiculaire.
Je suis à cet instant un trait d’union entre le ciel et la terre, corps, âme et esprit commence à avoir du sens.
Dans le volume de la loi sacré on peut trouver : « A moins de naître d’eau et d’esprit, nul ne peut entrer dans le royaume de dieu.

Ce qui est né de la chair est chair
Ce qui est né de l’esprit est esprit.

Je suis à la verticale, élevé mais pas encore bien haut, j’ai toujours cette chaleur fraternelle d’union avec mon catalyseur de vie qui structurellement peut évoquer un lac d’amour du dessus, une lutte de 2 hommes comme le dessin de Villard de Honnecourt « les lutteurs ».

Ces 5 points sont en réalité 10 points de contact car il y a 2 corps, cela peut évoquer les dix séphirots de l’arbre ou encore le Caducé d’Hermès autour duquel s’enroulent deux serpents unis de tous leur corps à la terre Hermès planta son bâton entre eux et immédiatement, ils s’équilibrèrent et se verticalisèrent.

Le Caducé était le symbole de la guérison physique et morale par l’acquisition de la connaissance, hermès unissait le haut et le bas.

Pour conclure, cette cérémonie a été pour moi la plus violente car elle a touché le plus profond de moi-même et qu’elle marque en moi le véritable commencement, mon crâne a été ouvert et a permis à mon esprit de se libérer, je suis comme je suis mais mes yeux voient de plus haut.

Mon esprit se libère mais il est si tourmenté par ce qui est sur le cercle. L’immensité du travail ne Semble n’apparaître que maintenant, mais que de questions, que de recherches, que d’incertitudes.

J’ai l’impression de me découvrir, non pas de découvrir un conscient refoulé, mais plutôt l’essence même du moi (très important). Ceux pourquoi je suis là, aujourd’hui au milieu de vous.

Le rituel commence à prendre son sens, mais suis-je prêt à transmettre ?, l’humilité exacerbé peut être également un mauvais compagnon. Je finirai enfin par cette citation de René Guenon : « Que le résultat obtenu effectivement soit plus ou moins complet, …le but final est toujours la réalisation en soi de l’homme universelle par la communion parfaite de la totalité des états, harmoniquement et conformément hiérarchisé…à la fois dans l’expansion horizontale des modalités de chaque état et dans la superposition verticale des différents états ».

J’ai dit.

V\ M\ G\ H\


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