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Le M\ Reparait

Le M\ est retrouvé et il reparaît aussi radieux que jamais.

Une des phrases clé du rituel d’exaltation à la Maîtrise, pour l’épisode le plus intense de cette formidable aventure initiatique qu’est la réception d’un nouveau Maître.

Au premier abord, lors de mon exaltation, et malgré toute l’implication engendré par l’atmosphère de l’atelier, je me régalai de cette belle histoire que j’imaginais être celle bien personnelle d’un Hiram encore inconnu. C’était sous-estimer la puissance de notre rituel.

Notre Maître a revu le jour : il renaît dans la personne de notre T\C\F\. Me voilà à présent parachuté dans cette histoire, impliqué au plus haut point dans cette mort inattendue. Depuis j’avoue avoir eu du mal à percevoir toute la symbolique de la mort d’Hiram et notamment les subtilités des termes employés lors de sa reparution, aussi dans un premier temps nous nous poserons la question Hiram est il réellement mort ? Puis nous envisagerons les différentes signification du verbe reparaître et enfin nous étudierons la finalité de ce retour à la vie, sur ce fugace instant où : le Maître reparaît.

Lapalisse n’aurait pas dit mieux, pour reparaître il faut avoir disparu. Alors qu’est-il arrivé à Maître Hiram ? est-il bien mort ou a-t-il seulement disparu temporairement ?

Notre rituel nous livre le récit de l’attaque d’Hiram par les 3 mauvais compagnons, sorte de passion judéo-chrétienne qui nous laisse déjà supposer que l’issue sera funeste. Cependant contrairement à Jésus, Hiram n’accepte pas le sort qui se profile et tente même d’y échapper. En vain, pressentant sa fin proche, il augure Plutôt la mort que de révéler le Secret qui m’a été confié avant de tomber sous le troisième coup qui le renverse sur le pavé du Temple. Le T\V\M\ est clair sur l’issue fatale : il a péri, victime du crime le plus détestable ou encore ainsi périt l’homme juste, fidèle au devoir jusqu'à la mort. Hiram est donc bien MORT.

Mais il reparaît que veut nous faire comprendre le rituel ?

D’un point de vue linguistique, la plupart des définitions du verbe paraître ne nous aide guère : être visible aux yeux de quelqu’un, exposé à la vue, se manifester, se faire ou se laisser voir, briller, se montrer : aucune notion de mort ou de renaissance.

Enfin cette jolie définition s'approche un peu plus de notre sujet… Venir sur le théâtre du monde. Ajoutons le préfixe « re » et nous avons comme définition de RE-paraître RE-venir sur le théâtre du monde. Ces différents termes ne sont évidemment pas similaires et pour mieux les omprendre, intéressons nous aux diverses traditions qui ont utilisé ce triptyque vie-mort-et retour à la vie.

Commune aux diverses traditions initiatiques, comme dans les mythes d’Osiris, d’Eleusis, d’Orphée et bien d’autres…le premier rapprochement entre l’état prénatal et la mort a dû se faire à l’époque des débuts de l’agriculture : La graine pourrit pour renaître. C’est le mythe Solaire.

Mais alors, s’agit-il d’une réincarnation, d’une résurrection, ou bien d’une renaissance ?

Etudions pour commencer la réincarnation ou métempsycose : Elle est la croyance en une évolution de l'âme pouvant s'accomplir au travers de vies successives. Dans cette vision, à la mort du corps physique une nouvelle naissance a lieu dans un autre corps, un autre contexte permettant à l'être de poursuivre ses expériences et son évolution, le Soi s'incarnant en totalité dans plusieurs corps successivement. Ce cycle pouvant inclure des étapes dans le monde Animal ou même Végétal.

Dans certaines traditions, une partie de l’âme ou même une fonction seule peut venir habiter un corps ; lui apportant par transmission des possibilités qu’il ne possédait pas jusqu'à lors. La Théophagie est une notion intéressante pour mieux comprendre l’importance de ce type de transmission.

Dans certaines sociétés primitives, manger le père après sa mort était une forme de vénération, le fils s’appropriant les vertus de son père. Certains guerriers mangeaient parfois même le coeur des vaincus pour bénéficier de leur force vitale. On retrouve symboliquement cela dans l’acte de communion proposé par Jésus qui nous dit mangez, ceci est mon corps. Ce type d’appropriation relève de la réincarnation des forces intellectuelles, physiques ou spirituelles encore vives, dans la chair même de celui qui l’absorbe.

Moins gastronomique, en Inde le corps est brûlé permettant à l’âme de se réincarner dans un autre corps. L’être attaché à la chair n’accomplit pas une seule expérience terrestre comme dans les traditions du Livre mais une succession de réincarnations avec pour seul but son perfectionnement par l’expérience vécue.

Sortant du thème symbolique ou religieux, on peut ajouter que cette incarnation peut être maléfique dans le cas notamment de personnes possédées par des entités réelles ou fictives qui se sont incarnées, ont pris possession de toute ou partie de leur corps ou de leur esprit.

Traditionnellement la réincarnation est celle de l’Ame, alors que l’on parle de résurrection de la chair.

La Résurrection, donc : vient du latin resurgere qui signifie se lever à nouveau. Ce terme est étroitement lié à l’univers des religions monothéiste et notamment judéochrétiennes qui désignent le passage physique de Jésus-Christ de la mort, à la vie et propose par extension que le corps humain ressuscite à la fin des temps, quand viendra l’Apocalypse (c’est-à-dire, en grec : la révélation de Dieu). C’est une délivrance pour l’éternité. Le concept de résurrection à été préféré à celui de réincarnation, qui fut rapidement censuré et déclaré même hérétique au IIe concile de Constantinople, au grand dame des spirites et adeptes de la Théosophie.

L’islam préfère lui aussi la notion de résurrection. Pour preuve au verset 28 de la deuxième sourate, « La Vache » (Al-Baqara), il est dit : Comment pouvez-vous renier Allah alors qu'il vous a donné la vie, alors que vous en étiez privé, puis Il vous a fait mourir, puis Il vous a fait revivre et enfin vous retournerez à Lui.

Dans la résurrection, le corps spirituel est sans rapport avec ses conditions terrestres primitives, il est sans blessure ni infirmité, sublimé et rendu incorruptible et parfait, par son passage à la vie éternelle.Cette notion véhicule l’idée que la mort comporte un enseignement, permettant d’accéder à des états supérieurs de conscience.

La Renaissance maintenant : c'est Héraclite qui introduisit le concept de palingénésie dans une vision de la réalité soumise au devenir perpétuel, ouvrant ainsi la voie au concept de l'éternel retour des choses et de la transmigration des âmes.

Cette notion véhicule toujours la nécessité de corriger les impuretés liées au monde des sensations et de favoriser l’épanouissement spirituel dans une perspective d’immortalité. Dans l’Hindouisme, on parle d’un lien de renaissance. Il s'agit d'une conscience qui a pour objet le dernier karma et qui se prolonge au décès en courant subconscient. La conscience et l'état d'esprit au moment du décès conditionnent donc, totalement la renaissance, l’esprit restant immanent.

Behaeghel dans « le Maître Macon et la mort symbolique » nous rapporte cette parole attribuée à Jésus dans l’évangile apocryphe de Thomas -Logion 18 heureux celui qui se tiendra dans le commencement ; il connaîtra la fin et ne goûtera pas la mort. Se tenir dans le commencement, s’est naître à nouveau, c’est connaître en esprit un état de liberté hors du temps.

Au R\E\A\A pour Christian ROBLIN, dans Point de vue Initiatique n°137, La renaissance spirituelle régénère la conscience de l’être, vaincre symboliquement la mort,… Mourir à ce qui est inférieur pour renaître à une vie supérieure est le thème de toute initiation.

Rapprochons nous donc maintenant de notre rituel pour étudier les circonstances de cette renaissance.

Le corps de l’Architecte est retrouvé dans une tombe, à l’ombre d’un acacia, symbole d’imputrescibilité, gage d’éternité, puis il est transporté dans le Temple.

À ce moment, l’attouchement de l’APP\ ne permet pas de le soulever : La chair quitte les Os. De même pour l’attouchement du COMP\ : Tout se désunit, mais enfin grâce aux 5 points parfaits de la Maîtrise et l’union faisant la Force, aidé des FF\ surveillants, le T\V\M\ arrive à relever le Maître : Gloire au G\A\D\L\U\, Le Maître est retrouvé, il reparaît aussi radieux que jamais !

Plus loin, Notre Maître a revu le jour, : il renaît dans la personne de notre T\C\F\ dans la personne, cette phrase est très importante pour comprendre ce qui se passe.

L’Âme du Maître sortant des ténèbres à ce moment, revoit le jour pour investir, éclairer celle du Compagnon en devenir, cette renaissance initiatique étant un passage de l’inconscience à la conscience, à l’éveil de l’Etre, proposé par les 3 Lumières de la Loge, le nouveau mot de
substitution du Maître et les 5 points de perfection.

Concernant le mot de substitution, il comprend le cri de surprise des Maîtres découvrant le corps d’Hiram en décomposition La chair quitte les Os. Pour Behaegel ce cri d'horreur serait plutôt un cri de joie des Maîtres constatant la transmutation initiatique, la séparation de la nature mortelle symbolisée par la chair, de la nature immortelle de l’Etre, les Os.

L’Os est l’élément permanent, primordial de l’Etre, il est le dépassement de la notion de vie et de mort, il est l’accès à l’immortalité.

On peut ajouter que contenant la moelle il est une promesse de re-vivification. D’ailleurs dans le Tarot de Marseille, le personnage squelettique symbolisant la mort est de couleur rose-chair, et sa colonne vertébrale a la forme d’un épi, sa faux rassemble les morceaux dispersés d’un corps en résurrection. Rassembler ce qui est épars ?

La chair quitte les Os pour permettre la naissance d’un être de lumière. Le Maître a quitté le temps, il est passé par la porte orientale afin de transmettre son Feu intérieur au nouvel Hiram, prêt à le recevoir. Il s’imprime en lui, devient UN. C’est l’illumination du Maître où Hiram se
donne au disciple afin de le remplir de lumière.

Wirth nous dit toute l’importance de cette chaîne initiatique, je le cite : c’est une chaîne de vie régénératrice, ceux qui la composent ne se contentent pas d’une tradition morte, mais mettent en commun leurs âmes pour dégager une force psychique agissante qui par les 5 points de la maîtrise - communion absolue -ramène le cadavre.

Cette renaissance spirituelle régénère la conscience de l’Etre et l’aide à se réveiller à ses propres yeux. Par son travail, l’initié met à jour ses capacités de progrès, il se prépare à des états de conscience supérieurs.

Enfin, je citerai notre Ancien Grand Maître Alain Pozarnik : La mort est, par rapport à la naissance l’aboutissement d’une distance de vie sur terre. La mort n’est pas le contraire de la vie, elle est l’opposé de la naissance et entre les deux, …tout le reste est bien relatif. Qu’y a t il au bout du chemin ? C’est la réponse que l’initiation va tenter de nous apporter.

T\V\M\, j’ai dit.


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