| Obédience : NC | Loge : NC | 20/03/2018 |
La
Pierre Brute
Introduction : Très
vénérable, mes
biens aimées sœurs, mes biens aimés frères, je vais vous présenter ce
soir un
travail sur la Pierre Brute. J’ai tout de suite été très intéressé par
le sujet
sur lequel le vénérable m’a
demandé de
plancher. En effet depuis 1 an et demi j’ai eu la chance de tracer à
plusieurs
reprises le tableau de loge, et pour cela je remercie mon frère
Architecte
(même si je disais moins ça les 1ères fois…). J’ai donc bien identifié
la
Pierre Brute au sein des différents symboles maçonniques et j’ai pu
aussi me
poser quelques questions quant à sa signification. Pour cela j’ai
réfléchi à
l’origine de la pierre et sa position de symbole,
à l’importance en maçonnerie de choix de
celle-ci, puis à ce que nous apprenons d’elle à partir de l’initiation. A/
1 ère partie : La
chronologie : Je
vais commencer
par la genèse de l’objet en question, c’est-à-dire d’où viennent les
Pierres et
que représentent-elles dans le monde profane. Si
l’on remonte aux
théories de formation de notre planète, le Big Bang a eu lieu il y a
environ 14
Millions d’années. Notre système solaire est né 10 milliards d’années
plus tard
de l’agglomération de particules stellaires en voyage dans l’univers.
Notre
Terre ( la 3ème du système) s’est formée également de cette manière.
Les
scientifiques vulgarisateurs (dont je ne fais pas parti) nous
expliquent que
ces collisions entre particules ont générées de l’énergie qui a
fusionnée la
matière brute, cette fusion a refroidie à l’extérieur pour former une
croute
(où nous trouvons les Pierres terrestres) et est resté intacte en son
centre
pour former le magma (où nous trouvons les pierres volcaniques). Des
gaz se
sont dégagés de ce phénomène pour former l’atmosphère. Nous voilà à
l’origine
du Monde (bien sur je ne parle pas du tableau de Courbet !). Ce
que je retiens
déjà de cette 1ère étape fondatrice, c’est que
l’on parle de matière
brute et d’énergie. Trop impatiemment peut être, je me projette déjà
dans le
symbole de la Pierre Brute et du maillet… La
deuxième étape
sera l’arrivée de l’humanité sur cette planète. La science nous indique
que
l’homme apparait il y a environ 2.5 Millions d’années et il est d’usage
de
considérer cette date comme le début de la préhistoire, la fin étant
l’apparition de l’écriture (environ 3500 ans avant JC). Cette période
est
divisé en 3 parties ou l’homme va évoluer : il s’agit du
paléolithique, du
Mésolithique et du Néolithique. La 1ère partie
est aussi appelé
« Age de la Pierre taillée » et la dernière
« Age de la Pierre
Polie ». Je suis obligé d’y projeter les 3 différentes étapes
pour gravir
les marches mystérieuses. Mais aussi de mettre en parallèle
paléolithique avec
le 1er âge du maçon : l’apprentissage,
et donc avec la
thématique de la Pierre et de la taille de celle-ci. Pour le dire
différemment le
développement primal de l’humanité est passé par la
taille de la pierre, je pense donc par analogie que le développement de
l’apprenti passera par le même chemin. Pour
revenir au
début de l’humanité on peut constater que la Pierre, sous une forme
plus ou
moins travaillée, a servie de symbole pour communiquer entre les
hommes, entre
les générations et avec les divinités. J’ai
eu la chance
de visiter la semaine dernière, lors d’un voyage professionnel, le
Musée du
Louvre Abu Dhabi. Celui-ci, fort intéressant, présente une histoire
culturelle
des civilisations, de la préhistoire à nos jours. Dès la 1ère pièce je
vois une
vitrine qui expose 3 pierres
grossièrement taillées, mais proposant 2 faces symétriques. Je vous
livre le
commentaire du musée ; « Biface : Comme les
feuilles des arbres
ou les galets qui roulent dans les ruisseaux, à l’égale de la nature,
l’homme
produit des formes géométriques et se découvre créateur. L’efficacité
technique
produit la
symétrie, qui dans sa
perfection inutile devient symbolique. Naissance de
l’esthétique ? design ?
Identité ? Les Bifaces témoignent des 1ère
préoccupations
esthétiques et révèle la part d’humanité de notre ancêtre
commun. » Ces
3 pierres sont
datées entre 200 000 et 800 000 ans avant JC et
proviennent de
France, d’Algérie et d’Arabie Saoudite. Je
vous avoue que
j’ai été frappé par ces rencontres dont je retiens l’interprétation
symbolique,
qui en est faite immédiatement, et son rattachement à l’humain. Puis
2 salles plus loin, un comble, je découvre une
vitrine qui me montre une pierre à 3 pointes, issue de Puerto Rico,
datée du 13ème/14
ème siècle. Elle représente un animal et pourrait symboliser la
fertilité selon
le musée. La pierre, le 3, une symbolique de fertilité, je vous avoue
que je
fus sous le choc et je me suis dit que je devais vous en parler. Il
existe bien sûr
dans le jeune âge de l’humanité bien d’autres représentation symbolique
crée
avec des Pierres. En Europe il y a Stonehenge par exemple, dans le sud
de
l’Angleterre, la construction préhistorique la plus impressionnante et
la plus
célèbre d’Europe, érigée entre 2800 et 1100 avant JC. Les
interprétations
parlent d’assemblage à caractère religieux, mais aussi d’un sens
astronomique
en lien avec le solstice d’été (tiens encore une relation avec la
maçonnerie…). Il
y aussi le culte
des Dolmens, présent en Europe et au moyen orient, entre les 5ème
et
1er millénaires avant JC. Les
morts, déposés dans les tombes dolméniques, restaient sept ans. La
résurrection
de l’esprit vers une nouvelle existence avait lieu la huitième année.
Comment,
là-encore, ne pas y pas voir les 7 Marches Mystérieuses et le passage
ensuite à
un stade supérieur ? Pour
prendre un
autre angle que la chronologie, mais rester dans les origines, je
dirais que La
pierre brute a été formée par les lois de la nature, elle peut rappeler
un état
d’innocence ou d’inconscience, c’est-à-dire un état de nature. L’Etat
de nature s'oppose
à état civil
et désigne l'état des
rapports humains antérieurement à toute institution
politique ou juridique. On peut donc voir la pierre brute
comme l’état
dans le lequel se trouve l’impétrant/l’apprenti avant d’être mis en
rapport
avec les lois maçonniques. Cet
état est également évoqué comme hypothèse philosophique dans
le De natura rerum de Lucrèce
(au 1er siècle après JC). Selon
Lucrèce, qui s'inscrit dans la tradition épicurienne
(3ème siècle avant JC),
cette connaissance du monde doit permettre à l'homme de se libérer du
fardeau
des superstitions, notamment religieuses, constituant autant d'entraves
qui
empêchent chacun d'atteindre l'ataraxie,
c’est-à-dire la
tranquillité de l'âme. N’est pas ce que nous venons chercher en
loge ??? B/
2ème Partie : Le parrain La
Pierre Brute est
donc universelle, et les formes qu’elle peut prendre sont surprenantes.
Je
me pose donc la
question de son choix par l’altérité pour être ressortie de son inertie
et
proposer à devenir utile pour cette même altérité. Il
me revient en
mémoire le discours d’un ami viticulteur dans le Bandolais, qui me
faisait visiter
ces vignes. Devant des restanques datant de l’époque romaine, celui-ci
m’a
expliqué que les pierres avaient été choisies pour leurs formes
disparates.
Lorsqu’on les assemblera, il se créera des interstices dans lesquels
viendront
se nicher des insectes. Ces insectes iront ensuite se nourrir des
parasites qui
pourraient nuire à la vigne. En écoutant cette explication je n’ai
entendu que
le versant écologique de la démarche et j’ai loué la grande sagesse des
romains
face à notre monde pollueur ; j’ai entendu ce que je voulais
entendre… Ceci
me ramène
aussi à d’autres discussions que j’ai eues longuement avec certaines
personnes.
Elles se voulaient sociétales ou politiques, avec un positionnement
tranché de
ma part, cherchant ainsi un affrontement des idées pour en dégager une
qui
serait la bonne (évidemment la mienne !). Cependant 2
personnes ont réagi
différemment à ma logorrhée, elles me posaient des questions
surprenantes, me
parlaient de voir les choses différemment, de considérer aussi le côté
philosophique
de la question, de recherche la symbolique derrière le sujet. Après
plusieurs
rencontres, j’ai vu ces personnes comme des modèles, celles dont le
discours me
captivait et qui me montrait un autre chemin que celui que
j’envisageais. Puis
un jour l’un
deux a placé une étincelle dans une phrase en évoquant une institution
dont il
faisait partie, puis a ajouté qu’il me verrait bien aussi en faire
partie, ce
fut une illumination pour moi. Pour
imager ceci,
je vois un tableau : à son sommet une source lumineuse,
représentant la
connaissance, qui lancerait un faisceau de lumière sur une pierre en
contre-bas.
Elle
est ainsi
éclairée au milieu d’autres pierres, qui pourtant lui ressemblent. Je
me prends
même à imaginer une mise en abyme de ce tableau, qui représenterais la
filiation des maçons depuis toujours et pour toujours. Plus
prosaïquement,
on peut aussi dire qu’en plongeant ses racines historiques dans les
loges des
tailleurs de pierre, la franc-maçonnerie spéculative, utilise aussi la
symbolique,
les outils et le rituel des maçons opératifs. Ce serait donc avec le
même
rituel que les maîtres de notre époque vont eux aussi symboliquement
extraire
les pierres de la carrière. Elle est composée de matière différente
plus ou
moins utilisable en maçonnerie, il faudra savoir faire un choix en
écarter, et
l'oeil averti du maître saura voir les bonnes. Cette
pierre aux
surfaces brutes et non travaillées est évidemment la matérialisation de
l'apprenti au sens symbolique. Notre
Frère et
Maitre Gutzon BORGLUM, est le sculpteur des têtes des présidents
américains
taillées dans la roche du Mont Rushmore. À la question d'un journaliste
qui lui
demandait comment il avait fait pour faire une sculpture aussi réaliste
et
gigantesque il lui répondit ; " C’est la chose la plus simple
au monde.
Je frappe simplement avec un marteau et un ciseau sur la pierre que
j’ai reconnue
et l'œuvre apparaît, car la statue était déjà dans la pierre "
On
pourrait presque
l’entendre dire qu’il a confié les outils à cette pierre qu’il a
reconnue… Je
n’ai pas entièrement
la réponse à ma question sur ce qui dirige au choix de la Pierre, mais
je vois
maintenant mon parrain, et les 3 autres personnes que j’ai rencontrés
par la
suite, comme les 1eres pierres sur lesquelles je peux m’appuyer et qui
me
présentent le plan à suivre. C/
3ème partie : L’initiation Pour
aborder
précisément la partie symbolique de la Pierre Brute en maçonnerie, je
dois de
nouveau faire référence à mon parrain, car c’est lui qui m’a accueilli
pour ma
1ere fois dans le temple, pour le passage sous le bandeau, puis une
nouvelle
fois lors de mon initiation. Lors
de celle-ci,
je me souviens d’abord avoir été placé dans une pièce sombre avec
plusieurs
objets disparates, un dessin et une inscription au mur :
V.I.T.R.I.O.L. Le
sujet de mon 1er
travail d’apprenti était le « Cabinet de Réflexion »,
j’ai pu ainsi travailler
sur la signification de cet acronyme qui reprend la phrase latine:
« VISITA
INTERIORA TERRAE, RECTIFICANDO INVENIES OCCULTUM LAPIDEM » Sa
traduction en
est (même s’il a plusieurs écoles) « VISITE
L’INTERIEUR DE LA TERRE ,
ET EN RECTIFIANT TU TROUVERAS LA PIERRE
CACHEE ». Voici
donc
chronologiquement la première fois que l’impétrant est placé face à au
concept
de la Pierre. Dans
cette phrase
nous avons une double proposition, à la fois de visiter le centre de la
terre,
indication géographique et une autre qui nous indique de rectifier la
pierre
cachée, indication de l’objet recherché et de l’action à mener. Je
suis maintenant
convaincu, après 18 mois au contact de mes frères et du rituel, que
cette
phrase de prime abord mystérieuse et ésotérique est à lire avant tout
de façon
métaphorique. La
1ere proposition
qui invite à visiter l’intérieur de la terre, doit être comprise par le
maçon
initié comme une invitation à visiter l’intérieur de soi-même. C’est à
l’intérieur de lui-même que l’apprenti va devoir trouver cette Pierre
Cachée. Dans
la 2ème
proposition, nous devons comprendre que trouver la pierre n’est pas la
finalité, car celle-ci nous arrivera brute. Tout le travail consistera
donc à
la rectifier, pour l’améliorer, pour nous améliorer. Après
ce passage
dans le Cabinet de Réflexion, l’impétrant va être amené à faire 3
voyages,
comme les 3 étapes pour gravir les marches mystérieuses. Ceux-ci
représentent la terre pour le 1er, l’eau pour le
2nd et
le feu pour le 3ème.
Il est
dit dans notre rituel, c’est-à-dire au Rite Français Moderne, et ce au
1er Degré Symbolique,
que, je cite : « Le 1er voyage
doit être le plus
difficile ». Ce
1er voyage qui représente la
terre, s’adresse directement à l’apprenti, car c’est à l’intérieur de
sa terre,
de son être, que se trouve sa pierre, cette pierre brute qu’il va
devoir
rectifier sans cesse. Nous sommes donc prévenus que durant notre vie
d’apprenti, nous allons connaitre notre travail le plus difficile,
c’est-à-dire
tailler cette pierre qui nous représente pour y enlever les plus
grosses
aspérités. Nous sommes ainsi placés devant cette question, longtemps
refoulé
pour ma part, de l’introspection et de la prise de conscience de sa
propre
imperfection. C’est donc volontairement et en pleine conscience que je
dois
accepter ce travail si je souhaite continuer mon chemin vers la
lumière. Pour
continuer avec
notre rituel, plus loin dans l’initiation, lorsque le jeune
initié aura
reçu la lumière et les 3 bises du vénérable (tiens un
zeugma !), ce
dernier dira : F.˙.
M.˙. des Cér.˙., conduisez le F.˙. à
l’Occident, qu’il apprenne à travailler sur la pierre brute, et qu’il
se fasse
reconnaître par les FF.˙. 1er et 2d Sur.˙., en
leur rendant les
mots, signes et attouchements que je viens de lui communiquer. Le
F.˙. M.˙. des Cér.˙. le conduit aux FF.˙. 1er et
2d Sur.˙., auxquels
il rend les signes, mots et attouchements ; ensuite le F.˙. 2d Sur.˙.
lui fait
frapper trois coups de maillet sur la pierre brute. Ceci fait :
Ainsi,
la première
action réalisée par l’initié est de travailler sur la Pierre Brute.
Pour cela
il commence symboliquement par la frapper trois fois avec un maillet. L’identification,
pour moi, est maintenant totale entre la pierre brute et l’apprenti et
la
maçonnerie opérative reprise dans ce geste indique clairement à
l’initié qu’il
va falloir travailler réellement. Pour revenir à la traduction de
V.I.T.R.I.O.L.,
c’est donc plus à un examen qu’il serait fait référence plutôt qu’à une
visite.
Ne
pouvant parler,
celui-ci développe une écoute attentive qui le fait se concentrer sur
les explications
données par ses frères. Son propre travail, pour le tracer lui-même
correctement, va aussi beaucoup l’aider. C’est
comme cela
que j’ai très vite compris que la Pierre Brute symbolisait l’apprenti,
et que
cette pierre avant d’arriver à ressembler à celle qui se situe de
l’autre côté
du temple (la pierre cubique à pointe) va devoir apprendre, comprendre
et
travailler. Il a pour cela, à la fois les symboles du tableau de loge,
mais
aussi les frères de la loge. Ceux-ci l’aident en tenue à décrypter la
symbolique et à connaitre d’autres angles de vues pour un même sujet.
Nous
reparlerons plus loin de cette notion d’angle J’ai
entendu dans
nos tenues que le temple de notre tableau de loge était inspiré du
Temple de Salomon.
En effet, dans la Genèse (28, 22) il est dit à ce sujet :
« Si les
pierres devaient être taillées pour la construction de l’édifice, on ne
devait
cependant entendre ni pic, ni marteau, ni aucun instrument de fer sur
le
chantier, souvenir du temps où, pour les nomades, la pierre dressée
était une
maison de Dieu, comme celle qui avait supporté la tête de Jacob pendant
son
sommeil inspiré. » Je comprends par ces mots que l’apprenti
doit
travailler par lui-même car la pierre qui est amené pour bâtir le
temple doit
déjà avoir été dégrossi. C’est en moi-même, en m’examinant sans
ménagement que
je peux trouver les aspérités à retirer de ma pierre. Je ne peux pas
compter en
tant qu’apprenti sur un autre que moi pour aller au plus profond de
moi. Et ce
travail doit se faire sérieusement à l’extérieur de la loge. L’apprenti
muet en
loge ne doit qu’écouter et essayer de comprendre le rituel et ses
analyses pour
trouver de nouveaux angles pour tailler sa pierre. Je
reviens à la
semaine dernière, durant mon séjour à Abu Dhabi, car j’ai eu la chance
d’avoir
une discussion très intéressante avec
un frère maçon d’une loge parisienne. Celui-ci
m’a expliqué qu’il planchait aussi aujourd’hui, mais sur le
thème de « La triangulation en politique » ;
il est communicant
dans la vie profane. Pour m’expliquer le concept il prit l’exemple de
la
dernière élection présidentielle. Selon lui, l’idée (en simplifiant) du
futur
président était de se placer à la fois au-dessus et entre la droite et
la
gauche, formant ainsi un triangle. Il pensait ainsi faire apparaitre
d’autres
voies en regardant les choses sous plusieurs angles. Ce
frère a continué en m’indiquant qu’il cherche toujours des angles
différents pour tailler sa pierre et que son sujet et le mien pouvaient
se
retrouver. J’avoue
que la proposition d’aller au-delà d’une analyse manichéenne,
pour éviter une réaction brutale m’a intéressée. J’ai repensé à quel
aurait été
mon comportement il y a encore quelques mois à l’idée de la
triangulation, puis
à ce que j’ai entendu dans les tenues, et je me suis dit que je devais
avoir
commencé à tailler ma pierre. Néanmoins
se pose
la question de la forme que va prendre ma pierre, car elle doit aussi
être
utile et fonctionnelle pour mes frères. Ma pierre, par mon travaille
sur
moi-même va m’aider à bâtir mon temple intérieur, mais il faut
également que
celle-ci trouve sa place dans le temple qu’ont bâti les frères de ma
loge, et
peut être au-delà dans le temple que construisent toutes nos loges.
J’en suis
revenu aux explications de mon ami viticulteur et à l’idée intéressante
de la
vie dans les interstices… De
l’initiation est
née ma pierre brute et mon expérience de maçon va m’apprendre comment
la travailler
pour m’insérer dans l’édifice que construisent mes frères depuis les
origines. Cette
phase est délicate, et inédite pour moi, car l’apprenti est à la fois sujet et objet, la pierre et le maillet. Il
existe
différentes méthodes pour tenter de s’améliorer, mais pour celles que
j’ai
connues jusqu’ici, il a toujours eu un sachant et un apprenant,
toujours une
démarche verticale et souvent dogmatique. J’ai
découvert
qu’en maçonnerie, nous pouvons tailler notre pierre en utilisant l’aide
à la
fois de la perpendiculaire, pour la verticalité, mais aussi du niveau,
pour
l’horizontalité ; j’en suis ravi. Conclusion : La
pierre brute a été le sujet de mon
travail de ce soir et je sais maintenant qu’elle va le rester pour les
années à
venir. J’ai dit. |
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