GLFM Bulletin : Bulim Misraïm 06/2009

Éditorial du Sérénissime Grand Maître

Chronos est capricieux en ces temps dits modernes. La vie des égyptiens était régulée par les caprices du Nil. La vie des compagnons opératifs était rythmée par la règle à 24 graduations : 8 heures pour le travail, 8 heures pour l’étude et les loisirs, 8 heures pour le sommeil. Et nous ? Contemporains ? Comment vivons-nous ? Quels sont nos repères ? Alors que la machine a remplacé l’homme dans beaucoup de domaines. Alors que dans certains pays, dits civilisés, comme la France, le temps de travail a été, en principe, réduit et celui consacré aux loisirs augmenté, force est de constater que nous courrons toujours après le temps et que nous sommes souvent dans l’incapacité d’organiser notre vie comme nous aimerions le faire.

Nous, francs-maçons, avons décidé de glorifier le travail. A partir de ce constat, nous mettons un point d’honneur à respecter nos serments et à faire preuve d’assiduité aux tenues. Ce n’est pas toujours facile, lorsqu’après une journée parfois harassante nous devons nous remettre au travail sachant que, souvent, nous allons peu dormir et que le réveil sera douloureux le lendemain... Mais à chaque fois, la magie opère. Dès les premières paroles du VM, la fatigue s’évanouit et nous vivons pleinement ce rituel qui, s’il est bien exécuté, nous fait oublier les turpitudes de la vie profane. Cet effort sur soi-même et pour soi-même se poursuit lorsque nous décidons de présenter une planche ou lorsque nous acceptons de tenir un office dans l’atelier et ce, pas seulement de midi à minuit plein... Alors, et seulement dans ce cas là, lorsque la fin de l’année maçonnique arrive, nous pouvons nous livrer à un bilan honnête de notre activité. Qu’ai-je fait pour mes sœurs et mes frères cette année ? Ai-je été un bon maillon présent et actif pour ma loge ? Et pour l’obédience qui m’a accueillie en son sein, ai-je suffisamment œuvré pour son renforcement et son développement ? Combien de fois ai-je tendu les bras vers des frères ou des sœurs avec qui je n’ai pas particulièrement « d’atomes crochus » (il est tellement facile de le faire avec les autres...) ? Ai-je suffisamment travaillé sur moi-même ? Ai-je suffisamment travaillé pour les autres en présentant une ou plusieurs planches, en répondant aux sollicitations de mon VM ou des grands officiers, en collaborant au BULIM, bref, ai-je été un bon franc-maçon et que devrai-je faire l’année prochaine pour - selon la réponse - me parfaire et le devenir... ? Ces interrogations, mais surtout les réponses lucides que nous y apportons, du dernier initié aux grands Maîtres, doivent nous différencier des profanes car nous savons que l’enseignement que nous recevons est efficace à condition que nous acceptions de mettre notre fierté et notre orgueil de coté pour nous livrer à cette indispensable introspection.

Ces bilans individuels doivent nous permettre de progresser collectivement, au niveau de la loge mais aussi des provinces et de la grande loge. Nous allons avoir deux mois pour y réfléchir. Je ne doute pas que notre convent fin septembre foisonnera d’idées nouvelles et constructives.

Je le souhaite même sincèrement !

Notre obédience, comme nous l’avions prévu, va s’agrandir non seulement en France mais aussi de par le monde. J’aurai, je l’espère, bientôt d’excellentes nouvelles à vous apporter dans ce sens. Certes, il y aura toujours un ou deux grincheux pour contester sans proposer, mais l’essentiel n’est pas là. L’essentiel est que, fidèles à notre feuille de route, tels des compagnons tendant vers la construction de notre chef-d’œuvre, nous œuvrions en toute sérénité pour que le rite de Misraïm occupe enfin la place qu’il mérite sur l’échiquier maçonnique.

Mes sœurs et mes frères, profitez bien de cette période estivale pour vous ressourcer et attaquer cette année 2009/2010 avec toutes les bonnes énergies nécessaires à l’édification de nos temples. N’oublions pas qu’autour de nous, près de 6 millions de nos concitoyens ne peuvent s’évader pendant les congés faute de moyens. Continuons à agir avec le cœur. N’oublions jamais que l’amour, c’est la vie ! Je profite de ce dernier édito pour remercier tous ceux qui m’ont soutenu durant cette année. La mise en place du grand chantier entrepris pour l’amélioration de notre fonctionnement interne et notre rayonnement externe n’est pas une mince affaire. Elle aurait été impossible sans vos multiples talents. Merci encore et rendez-vous en septembre pour de nouvelles et passionnantes aventures !

Er\ JAC\ - Sérénissime Grand Maître

Publié dans le Bulim - Bulletin N° 9 - 30 Juin 2009  -  Abonnez-vous

B009-1 L'EDIFICE  -  contact@ledifice.net \