Obédience : NC Loge : NC 01/12/2016

 

Gustave Mesureur

Voici une P\ commune avec Jack sur ce grand Homme méconnu.

Le 14 décembre 1977, la L\ qui porte le titre distinctif GUSTAVE MESUREUR célébrait son cinquantenaire. A cette occasion, une Tenue Collective avait lieu au Temple Franklin-Roosevelt, rue Puteaux.

Ce Frère, ancien Grand Maître de la GRANDE LOGE DE FRANCE a joué un rôle important à la Ville de Paris, dans le gouvernement de la France et à la direction de l’assistance publique.

Celui qui devait donner son titre distinctif à la Loge N 571 à l'Orient de Paris, Gustave Mesureur, est né en 1847, le 2 avril, à Marcq-en-Bareuil, près de Lille, au sein de ces pays industriels, qui étaient à l'époque en plein essor économique.

Mesureur fut un de ces créateurs de modèles que l'étranger enviait à notre pays. Il dessinait, lui, le modeste enfant des fabriques et des usines, ces nouveautés inimitables, où ressortaient le goût spécial et le cachet artistique, qui faisaient la supériorité de la mode venant de France. Quand on évoque cette activité de la mode, il est bien certain que l'on pense tout de suite à Paris et c'est effectivement là que, tout jeune, Gustave Mesureur vint d'abord recevoir les meilleures leçons de son art et put ensuite le pratiquer activement. Il s’installe à Paris dans un appartement au 7 rue Lelong. C’était l'Empire : la lutte républicaine et démocratique était difficile.

Mesureur s'intéresse à cette lutte et il s'y prépare en demandant son initiation à la Loge Maçonnique « La Justice » du Suprême Conseil de France, inscrite au rite écossais ancien et accepté, sous le N° 133, où il sera initié le 2 avril 1869.

Il fut initié en même temps que Jules Vallès et il paraît certain que Mesureur s'instruisit sur les grandes questions qui agitaient le monde politique, qu'il put acquérir un jugement sûr et un certain goût, pour ne pas dire plus, sur le réalisme de l'action syndicale et politique. En aout 1970 Le Frère Mesureur faisait son devoir militaire parmi ces citoyens levés pour la défense de Paris. Mesureur était de garde sur les fortifications où l'on pointait des canons ; un souvenir particulièrement dur. Il était membre de la garde Nationale de la Commune. Dans ce contexte de la Commune de Paris, Mesureur était vraiment celui qui portait à l'extérieur le fruit de la réflexion qu'il avait acquise dans les Loges. Il apportait dans les comités un raisonnement clair, une résolution inébranlable, faite de la tranquillité de celui qui sait où il faut aller, c'est-à-dire la foi du sage. Il avait acquis un rayonnement, dû en grande partie à ses activités syndicales d'origine. Vous avez retenu que, dès 1867, il avait adhéré à un syndicat fondé par Eugène Pottier. C'était un syndicat de dessinateurs auquel il s'était affilié, puisque lui-même créait des dessins pour les tulles et les dentelles.

Normalement, du syndicalisme il passa à la politique et se vit choisir par les travailleurs du quartier Bonne-Nouvelle pour les représenter à l'Hôtel de Ville au premier mois de l'année 1881 et il sera élu.

Le mandat fut renouvelé deux fois par périodes triennales et avec chaque fois un plus grand nombre de voix.

Gustave Mesureur accéda au poste important de maire le 18 octobre 1886. L'ouvrier dessinateur, le syndicaliste, était devenu le premier édile de Paris.

La loi de 1884 avait donné aux syndicats une existence légale. Mesureur créa la Bourse du Travail, pour donner aux organisations syndicales un lieu de rencontre, de coopération et un abri pour leurs activités.

En permettant aux revendications ouvrières de se manifester librement et légalement, la Bourse du Travail donnera au gouvernement républicain les moyens, non d'étouffer les revendications, mais de les comprendre et de travailler à un état social plus conforme à la Justice.

A côté de cette Bourse du Travail, il crée la bibliothèque Forney, dans l'hôtel de Sens, il modifie une loi sur le régime des Mines, il s'occupe des travaux de voirie à Paris, fait étudier des projets de métro et participe à la préparation de l'exposition Universelle de 1889. Le 22 mai 1887, il est élu député de la Seine, sur une liste d'extrême gauche pour l’époque. Il sera réélu en 1889 comme radical-socialiste.

C’est l'époque où il demeure 21, rue d'Uzès. Il sera encore réélu député en 1893, Mesureur écrit lui-même de nombreux articles dans des journaux républicains.

En 1895, il va devenir ministre sous Léon Bourgeois du Commerce et des Postes. Le ministère Léon Bourgeois finira sa carrière le 28 avril 1896, ce qui n'arrêtera pas celle de Gustave Mesureur qui sera à nouveau réélu député en 1898, puis deviendra Vice-Président de la Chambre et Président de la Commission du Budget. En 1897, il s'affaire à la réorganisation de la Bibliothèque Nationale.

IL crée en 1894 une Association pour les reformes républicaines qui devient en 1895 le Comité d’action pour les reformes républicaines, appelé Comité Mesureur qui conduira à la création du Parti radical socialiste dans lequel 155 Loges maçonniques sont représentées et dont Il sera le premier Président en 1901.

Mais en 1902, un certain nombre de difficultés et de malheurs s'abattent sur lui. Il est, en effet, battu aux élections législatives.

Mesureur quitta son poste après une lutte politique glorieuse, empreinte de dignité, malgré une campagne abominable et diffamatoire.

Au même moment, un incendie avait détruit son appartement, ses collections, trente années de recherches, de méditations et de productions d'art.

Mesureur supporta ce coup du sort, avec d'autant plus de tristesse qu'il était resté pauvre malgré ses hautes fonctions.

Il dut d'ailleurs à cette probité d'accepter le poste de Directeur de l'Assistance Publique de Paris et ce fut là un second volet de sa carrière, aussi brillant que le premier, même s'il n'était plus politique, mais celui du service de l'Etat dans un cadre administratif. Devenu membre de l'Académie de Médecine, Gustave Mesureur s'attela à une véritable tâche de reconstruction de l’Assistance publique.

Grâce à un emprunt de 45 millions-or, il entreprend les grands travaux de modernisation : création de pavillons isolés contre la contagion, construction du nouvel hôpital Claude Bernard, de celui de la Pitié, inauguré en 1911 par Poincaré et d ceux de Cochin et Laennec, et enfin du dispensaire Léon-Bourgeois à la Salpêtrière, qui a été modernisée en 1910. On utilise les rayons Roentgen, à la Pitié, à Saint-Louis, à Laennec et la radiothérapie est développée à Saint-Louis. En 1913 Raymond Poincaré inaugure une nouvelle partie du vieux Cochin, puis la maison de retraite de Cousin de Méricourt à Cachan, qui vient d'être reconstruite en 1977. Il organise les hôpitaux pour les blessés en 1914. Il y aura consacré près de 10 ans de sa vie avant de prendre à 73 ans une retraite définitive et bien gagnée. Nous sommes en 1920, la vie active de Gustave Mesureur, commencée au syndicat d'Eugène Pottier en 1867, vient de s'achever après 53 ans de luttes et de labeur acharné.

Le F\ Gustave Mesureur dont le buste orne le hall de la rue Puteaux s'identifie à la création de notre Obédience, La G\ L\ D\ F\.

La République est proclamée le 4/09/1870. Son gouvernement provisoire est majoritairement composé de FF\ MM\. Mais les élections législatives de février 1871 sont gagnées par le part monarchiste.

Refusant les conditions de la paix et les mesures prises par le gouvernement Thiers, Paris se soulève le 18 Mars.

Une partie de la F\ M\ parisienne adhère à la commune ; une autre appuyée par les LL\ de province tente vainement d'obtenir des négociation.

La commune est écrasée et de nombreux FF\ sont tués, arrêtés ou en fuite. Pendant quelques années la F\ M\ est contrainte à la prudence ; ce qui n'empêche pas de voir de nombreux bouleversements en son sein. Ainsi en 1875, la référence à Dieu est remplacée au Suprême Conseil de France par celle d’un principe créateur. En 1877 au G\ O\ D\ F\ la liberté absolue de conscience se substitue à la croyance en Dieu ; ce qui provoque la rupture avec les Obédiences britanniques.

En 1880, l'aile la plus républicaine du S\ C\ D\ F\ fonde la Grande Loge Symbolique Ecossaise sans évocation du G\ A\ D\ L\ U\.Une de ses loges : « les libres penseurs du Pecq » initie l' écrivaine rationaliste Maria Deraisme qui en 1893 avec le F\ Georges Martin fondera la première Obédience mixte et féministe : le droit Humain.

Mais revenons, mes FF\ à la G\ L\ S\ E\ qui travaille exclusivement au 3 premiers degrés. Le F\ Gustave Mesureur de la Resp\ L\ « La justice » en est le président en 1882. A cette même période, les Loges bleues qui étaient restées au S\ C\ D\ F\ s'émancipent et décident de ne plus accepter la tutelle de leur Obédience et de leurs Hauts Grades. C’est ainsi qu’à l’invitation du F\ Gustave Mesureur, réélu président en 1993, les députés de la G\ L\ S\ E\ se prononcent le 08/10/1894 pour la fusion entre les loges Symboliques (ou bleues) du S\ C\ D\ F\ et celles de la G\ L\ S\ E\.

Mais il reste à déterminer les modalités et une commission mixte animée par les FF\ Wellhof et Mesureur prépare un projet. Les négociations aboutissent en décembre 1896. Gustave Mesureur est élu au Conseil fédéral ; et en 1903, il reçoit le premier maillet de la G\ L\ D\ F\. Grand-Maître, Il le sera durant 10 ans.

Il obtient en 1904 l'indépendance définitive des loges de la G\ L\ D\ F\ ; car jusqu'à cette date elles étaient créées par patente délivrée par le S\ C\ D\ F\... En juillet 1904, par un décret du S\ C\ D\ F\, la G\ L\ D\ F\ est autorisée à délivrer elle-même les patentes de ses loges ; le S\ C\ D\ F\ restant le gardien et le conservateur du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Dorénavant la G\ L\ D\ F\ administre exclusivement et sans partage les loges symboliques du 1er au 3ème degré. En 1918, la G\ L\ D\ F\ et le G\ O\ D\ F\ échangent des garants d'amitié et signent une convention.

Notre F\ Gustave Mesureur est homme de réflexion mais aussi homme d'action, républicain, radical très à gauche. Pour lui travail maçonnique, symbolique, rituélique et action sociale donc politique sont complémentaires. La G\ L\ D\ F\ se crée et travaille dans ce climat pour œuvrer à une évolution de la société française dans une démarche humaniste, sociale, laïque et républicaine.

Connaître d'où l 'on vient, aller à la rencontre de nos FF\ fondateurs permet de mieux appréhender notre vécu de maçon au sein de notre loge partie intégrante de la G\ L\ D\ F\.

Trop souvent dans notre Obédience certains FF\ abusant de leur fonction en ont travesti l'histoire la confondant avec leur fantasme d'une G\ L\ D\ F\ datant du 18ème siècle ainsi qu' un S\ C\ D\ F\ figé en 1880 et qui n'a jamais accepté la fuite de ses Loges bleues… Nous l’avons vécu une fois de plus il y a 2-3 ans.

Mais à la fin du 19ème siècle, notre F\ Gustave Mesureur avec de nombreux FF\ de la G\ L\ D\ F\ s’investissait dans la société, n' oblitérant aucun sujet de réflexion et d'action au service d'une société plus juste.

« Un maçon libre dans une Loge libre » : cette sentence était celle de la G\ L\ S\ E\ présidée par notre F\ Gustave Mesureur. Elle était citée dans l’article 2 de sa constitution. Cette sentence, mes FF\, c'est l'image, le symbole, l'identité de notre Obédience et de notre F\ Gustave Mesureur à qui je vais donner la parole maintenant dans son discours du 5 mai 1912 :

Mes T\ chers F\,

L'idée que nous nous faisons actuellement en France d'un Grand-Maître nous vient en ligne directe de la Maçonnerie des hauts grades, et notre Maçonnerie bleue, d’essence démocratique, ne s'est pas débarrassée d'une appellation grandiloquente, désormais dépourvue de sens au sein d'organisations qui, rejetant le principe autoritaire de la hiérarchie dogmatique, acceptent la loi de l'égalité qui exige que toutes les fonctions se recrutent par l'élection.

La Maçonnerie est essentiellement traditionnaliste et l'appellation de Grand-Maître a été réservée, en principe, aux présidents des Grandes Loges des trois premiers degrés ; mais des Suprêmes Conseils, notamment celui de France, ayant sous leur juridiction des Loges bleues, usèrent également de ce titre, de là une confusion ou une fusion des droits et des devoirs des uns et des autres ; aussi leurs attributions ne doivent-elles plus, à mon sens, avoir le même caractère que jadis.

Si je rappelle mes souvenirs de jeune Maçon, si je rassemble les enseignements que j'ai pu acquérir, un Grand-Maître à ce moment, c'est-à-dire le très puissant souverain Grand-Commandeur, Grand-Maître d'une Maçonnerie, représentait une fonction mystérieuse, en quelque sorte sacrée, dogmatique et, par cela même, autoritaire.

En tant que membres de la Grande Loge de France, nous considérons la Maçonnerie des trois premiers grades : Apprenti, Compagnon et Maître, comme la synthèse la plus complète et la plus belle de l'organisation sociale ; l'œuvre d'éducation philosophique que nous accomplissons s'arrête au Maçon parfait qui est le Maître, et cette hiérarchie si simple se retrouve partout, parce qu'elle est dans la nature même de l'homme qui ne peut s'élever que par la lente ascension du savoir, quel que soit le rôle social qu'il est appelé à jouer.

Ces principes, qui sont que toutes les fonctions doivent se donner à l'élection en vertu de la loi de l'égalité, nous montrent suffisamment que le rôle du Grand-Maître d'une Grande Loge symbolique se réduit à une direction morale et administrative qui respecte le pacte fondamental résumé dans la formule : « Le Maçon libre dans la Loge libre ».

Le Grand-Maître, ou plus modestement et plus exactement le Président de la Grande Loge, doit faire respecter la séparation des pouvoirs ; la souveraineté réside dans les Loges et elles l'exercent par leurs délégués au Convent : mettre en échec la volonté des Convents, passer au-dessus de leurs décisions, c'est supprimer les garanties de liberté que la Constitution donne aux Loges et entrer dans la pratique des abus qui conduisent au despotisme.

Le Grand-Maître doit veiller à ce qu'on n'altère pas le symbolisme maçonnique et qu'on ne transforme pas les habitudes, les traditions rituéliques qui rattachent tous les Maçons du globe entre eux et leur permet de se comprendre et se reconnaître; mais le Grand-Maître, dans ce cas, ne fait encore que veiller à la stricte exécution des engagements pris par les Loges et par chaque Maçon en particulier.

Cette méthode, pleine de réserve, respectueuse de la Constitution et de la liberté des Loges, de leur autonomie et de leur initiative, a le mérite de ne pas provoquer les oppositions, de calmer les passions et de permettre à notre Ordre de se développer dans la paix et dans la liberté ; j'estime que c'est la bonne.

Elle répartit les responsabilités, elle respecte toutes les opinions, elle permet à toutes les conceptions philosophiques et sociales de se soumettre à l'épreuve de la contradiction, elle a enfin le rare mérite de faire de la Maçonnerie une grande Ecole de solidarité et de former des citoyens que la République retrouve toujours quand l'heure sonne de la défendre.

C'est ainsi que la Grande Loge de France s'est développée magnifiquement depuis dix ans ; elle est bien la fille des Maçons qui ont donné au monde la formule Liberté-Egalité-Fraternité

En conclusion, mes FF\, Gustave Mesureur est encore et toujours à nos côtés ; sa vie de Maçon et de citoyen engagé est et sera un exemple pour nous tous. Mais certains dans notre obédience ne sont pas tout à fait de cet avis : ceux qui sont encore dans la nostalgie d’un S\ C\ D\ F\ qui gérait ses Loges du 1er au 33ème degré et qui considèrent que la G\ L\ D\ F\ actuelle est la résurgence de la G\ L\ D\ F\ du 18ème siècle.

C’est peut-être là une explication de cette tendance de notre Obédience à oublier souvent Gustave Mesureur dans les écrits et sites officiels.

Mais, comme tous les FF\ MM\, nous sommes à la recherche de la vérité que ce soit en nous-mêmes ou bien dans l’Histoire.

Savoir d’où l’on vient pour mieux appréhender le chemin à tracer. La pratique du symbolisme, du rituel et la recherche de spiritualité ne doit pas empêcher celle de la Raison.

V\ M\, J’ ai dit.

B\ K\


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