Obédience : NC Site : http://hermetisme.over-blog.com 07/05/2008

Le Corps,
Alchimie & Franc-Maçonnerie

 

  

« Le corps est le produit de l’esprit saint. »

G.B. SHAW, Bréviaire du Révolutionnaire.

 

« Le corps humain se trouve, sur l’échelle des grandeurs, à mi-chemin entre l’atome et l’étoile. Suivant les objets auquel on le compare, il apparaît grand ou petit. Sa longueur est l’équivalent à celle de deux cent mille cellules des tissus, ou de deux millions de microbes ordinaires, ou de deux milliards de molécules d’albumine placées bout à bout. Par rapport à un atome d’hydrogène, il est d’une grandeur impossible à imaginer. Mais, comparé à une montagne, ou à la Terre, il devient minuscule… En réalité, notre grandeur ou notre petitesse spatiales n’ont aucune importance. Car ce qui est spécifique de nous-même ne possède pas de dimensions physiques. La place que nous occupons dans le monde ne dépend certainement pas de notre volume. »

Alexis CARREL, L’Homme cet inconnu.

 

Cet article est la première partie d’un texte qui en comporte quatre.

 
Notre corps est entre deux mondes, l’un que nous voyons avec ses organes harmonieusement agencés, l’autre que nous ne voyons pas, dont la pensée est l’exemple le plus évident. L’homme ayant vécu sur notre Terre un million d’années et plus, ceux qui nous ont précédés ont eu tout loisir d’étudier la partie invisible de notre structure biologique dans lesquelles les différents mondes ou dimensions interfèrent et se mélangent – c’est ce mixage du visible et de l’invisible qui donna naissance au symbole du caducée. Les résultats de ces recherches sur la coexistence des deux plans de la matière et de l’esprit sont contenus dans des connaissances véhiculées par les racines des religions, avant que des règles s’établissent au fil des siècles et les aient rendues de plus en plus moralisatrices, et inadaptées à la condition humaine. Le plus paradoxal, c’est que les religieux ont souvent raison, mais ils pèchent par manque d’explication, explication qu’ils ne peuvent fournir puisqu’ils ont tout oublié.


A la racine des religions est cette mystique expérimentale qu’est l’alchimie. Elle s’est rapidement marginalisée par rapport aux corps de doctrines des religions qui lui devenaient de plus en plus incompatibles. Qu’elle soit Orientale ou Occidentale elle est UNE, et c’est adaptée à toute les cultures. C’est l’un des plus important corpus de connaissance sur l’univers et l’homme. Elle marque autant la religion chrétienne que l’hindouisme, le bouddhisme  le taoïsme, etc. La franc-maçonnerie en est profondément pétrie dans son rituel et l’agencement de son temple. Certains Ordres de Chevalerie en furent les véhicules. Grâce à la multiplicité des moyens de diffusions cette pratique est parvenue jusqu’à nous dans sa pureté initiale.


Pour accéder à ce savoir, il est un obstacle de taille qui dépend autant de l’individu que de la société dans laquelle il vit. De nos jours, les opinions les plus diverses s’établissent sur les preuves scientifiques comme le montre cette foi aveugle aux diagnostics rendus par les experts auprès des tribunaux. Tout ce qui porte l’estampille « scientifiquement prouvé » entre dans nos modernes croyances, le reste est impitoyablement exclu comme « pas sérieux » (l’équivalent religieux d’hérétique) sans autre forme de procès avec parfois cette étiquette de mépris qu’un seul mot résume : « allumé ! ». Les plus intelligents et les moins conditionnés comprennent que l’attitude rationaliste ne nous permet d’appréhender qu’une faible part de la réalité. La science elle-même dans son avancée nous le montre, puisque ce qui était regardé avec méfiance hier peut demain s’intégré dans notre moderne corpus rationaliste. Prenons au hasard un exemple, celui de la guérison des disques intervertébraux dilatés provoquant de sérieuses douleurs lombaires. Les pharmacologues décidèrent, sur les conseils d’un sorcier « allumé », de chercher le remède en suivant la loi d’analogie. C’est ainsi qu’ils découvrirent que les nœuds de bambous contenaient un enzyme qui dissolvait les excroissances des « coussins » qui séparent les vertèbres ! Mais, ne rêvons pas, les scientifiques ne considèrent pas pour cela que la loi d’analogie possède une quelconque vertu, il s’agit tout simplement d’un hasard !


Face à ce comportement ambiguë de la Faculté, j’ai donc été amené à empiéter sur cette zone interdite quand il m’était difficile de faire autrement notamment pour parler de cette fameuse analogie (que vomissait Gaston Bachelard), ainsi que de l’alchimie et des différents rayonnements bioénergétiques résultants de notre comportement journalier.

 
La pensée rationnelle fait partie du corps puisqu’elle réside dans l’encéphale cérébral. L’hygiène du cerveau est donc d’abord d’apprendre à bien penser comme l’explique la monographie précédente sur le silence. L’apprentissage de la non pensée
permet de s’élever au-dessus des conventions et du ridicule qui blesse  profondément. Cette non pensée a par ailleurs des conséquences considérables sur notre organisme puisqu’elle élimine les maladies psychosomatiques, qui proviennent de notre mal de vivre pour diverses raisons. Ce mal de vivre est générateur d’angoisses, de stress et de divers « soucis » qui peu à peu sont « avalés » par notre substance biologique qui le traduit par des maladies diverses pouvant même provoquer la mort.


Un corps sain est inséparable des pensées saines. Conserver un corps en bonne santé consiste à savoir éliminer les cogitations nuisibles ou négatives qui perturbent notre équilibre biologique. Dans cette optique, c’est comme si elles participaient, d’une manière qui reste à définir, à la trame des tissus biologiques, et imprimaient ainsi dans notre chair leurs marques parfois indélébiles. Si, suivant l’adage, nous sommes ce que nous mangeons, nous sommes aussi ce que nous pensons. Une pensée se digère comme un repas et organise avec lui la matière vivante.

Le libre arbitre existe-t-il ?

La non pensée a des conséquences plus importantes encore, c’est celle de remodeler notre manière d’être. Au premier abord cette constatation peut paraître banale, pourtant son importance fut mise en évidence par les neurosciences. Dans la vie de tous les jours, qu’est-ce que cela signifie ? Prenons un exemple, vous êtes dans une forêt, l’air embaumé par les effluves du printemps vous donne envie de vous asseoir au pied d’un arbre. Vous vous décidez et vous fléchissez les jambes pour mettre votre corps en contact avec les hautes herbes qui entourent le pied d’un chêne séculaire. Jamais vous ne pensez à remettre en cause le fait que vous avez décidé en toute liberté de l’instant précis où vous avez décidé de vous asseoir… Cependant vous n’avez fait que vouloir quelque chose… qui avait déjà été décidé par votre encéphale cérébral… quelques centièmes de millisecondes avant, et cela sans que vous en ayez conscience ! Plus encore : juste avant que votre volonté de vous accroupir ne soit ordonnée par votre cerveau, celui-ci a déjà stimulé les aires cérébrales motrices indispensables pour réaliser ce geste ! Tels sont les résultats obtenus, en 2005, par des neurobiologistes américains, anglais et Français et plus particulièrement par le professeur Patrick Haggard de l’University Collège de Londres. Le résultat de ces différents travaux est incontestable : lorsque nous éprouvons la volonté de faire un geste, nous ne faisons que vouloir ce que certaines zones de notre cerveau ont déjà décidées à notre insu ! Pour éviter toute ambiguïtés à ce propos, notamment de la part des rationalistes cartésiens et des républicains attachée au premier mot de leur triptyque sacré « Liberté Égalité Fraternité », voici ce qu’écrit le professeur P. Haggard :

« Nous sommes généralement convaincus que lorsque nous effectuons une action, par exemple tendre le bras pour attraper une veste lorsqu’il fait froid, nous le faisons parce que nous l’avons voulu. Or, c’est faux ! L’exécution de ce geste est d’abord initiée par notre cerveau indépendamment de notre conscience. Et ce n’est qu’ensuite que nous prenons conscience de notre volonté d’effectuer ce geste, et que nous le faisons. »


Évidemment, nous sommes conscients de nos motivations diverses qui guident nos actes, cependant, le choix de l’instant précis pour réaliser nos aspirations, ce que nous souhaitons, échappe totalement à notre volonté. En bref, notre liberté d’agir nous échappe. N’en déplaise aux philosophes en général et plus particulièrement aux théologiens chrétiens, aux cartésiens
ainsi qu’aux partisans de David Hume (1711-1776), notre libre-arbitre est très relatif.


En d’autres termes, vouloir effectuer une action n’est qu’une simple conséquence du fait que le cerveau a déjà lancé son exécution à notre insu.


Un acte est donc effectué en fonction de la généralité de l’information cérébrale. Tout geste est représentatif de la totalité de l’information contenue dans la totalité des cellules cérébrales du cerveau. En d’autres termes, notre motricité fonctionne selon le modèle holoscopique : chacune des parties (chaque posture) est représentative du tout cérébral. D’ailleurs, les neurones échangent de multiples informations avec le cerveau à l’insu de notre conscience, et notre liberté se résume à vouloir ce que notre cerveau a déjà décidé. La seule liberté que nous ayons est celle de refuser ce qu’il a programmé. En d’autres termes, nous avons uniquement la liberté de dire non !


Or, l’encéphale cérébral responsable de la motricité est l’encéphale gauche, puisque généralement le droit est muet. Cette moitié est non seulement menteuse, mais en plus elle prend les décisions motrices à notre place ! C’est donc un « ordinateur » biologique qui nous mène par le « bout du nez ». Notre libre-arbitre est un leurre à la manière de notre perception du monde. Tout cela, les dépositaires de la connaissance des anciens l’affirment depuis des dizaines siècles, il n’est donc pas surprenant que la science, au fur et à mesure de l’amélioration de ses moyens d’investigation, comme l’imagerie médicale, le confirme.


Est-il possible d’acquérir une plus grande liberté ? La conquête de cette liberté réside dans ce qu’il convient d’appeler initiation, qui n’est autre que la prise de conscience de ce que nous sommes, grâce à des techniques particulières et non des discours. Elles reposent sur le mode répétitif afin de « reprogrammer » progressivement le cerveau, de remplacer des conditionnements négatifs par d’autres. C’est pour cela que les mystiques du monde entier prônent le détachement et le silence.


Ne généralisons pas, notre libre-arbitre existe beaucoup plus au niveau des choix et des idées. Certes, ils seront liés aux conditionnements de notre masse cervicale, mais nous avons le libre-arbitre pour, par exemple, analyser les différents aspects d’un problème comme celui ayant trait au choix de l’achat d’une voiture ou d’une maison, nous pesons le « pour » et le « contre ».


Cependant les décisions prisent à deux ou à plusieurs sont issues d’une délibération consciente. Le mariage en est un exemple. Là, l’influence du libre-arbitre est très importante. D’où l’aberration de l’infaillibilité du pape, d’où l’aberration de considérer les prises de décisions collégiales (conciles) comme hérétiques (conciliarisme) et inférieures à celles qui sont prises par le souverain pontife seul, ou le pouvoir du seul pape de ne pas accepter une décision conciliaire.

Dans le corps social, la démocratie s’inscrit dans la conquête de la liberté avec cependant des bémols considérables, surtout celui qui concerne la quasi inutilité des bulletins blancs dépassant 10% des votants lors d’une élection… mais cela est une réforme qui n’est pas prête à voir le jour.

par Hermophyle publié dans : Initiation


7097-1 L'EDIFICE  -  contact@ledifice.net \