Obédience : NC Loge : NC 29/04/2012



Le Dernier travail
Conte à dormir debout

Il y a bien longtemps que notre Frère savait que chaque jour le rapprochait de la Loge d’en Haut, mais ne voulant pas sombrer dans la mélancolie la plus sombre, il continuait d’aller régulièrement en Loge, et dans les différents chapitres, que la vie avait mis à sa disposition, il avait cherché, il avait trouvé, et il avait frappé et les différentes portes du savoir initiatique c’étaient ouvertes, et libre à lui de travailler pour arriver à la Connaissance, enfin celle qui était permise à l’Homme Véritable.

Il se demandait ce qu’il allait trouver, une fois là haut, dans la Jérusalem Céleste, et encore et malgré ses années d’initiation, son mental prenait le dessus et l’embarquait dans un imaginaire délirant et sans fond. Il est vrai que la littérature religieuse, avait une tendance sérieuse à magnifié cette autre forme de vie, pour les uns c’était l’Eden pour les autres les douze mille vierges ou encore la fin du karma terrestre. Bref on n’en savait pas grand-chose. Et sa vie s’écoulait paisiblement, avec des questions sans réponses satisfaisantes. Comme il était méticuleux, il avait préparé et mis en ordre ses affaires profanes comme son testament maçonnique, en confiant devant notaire, à trois Frères, une mission bien singulière ; celle d’organiser, pendant trois ans, une réunion annuelle avec toutes Loges de sa région et de toutes les Obédiences, avec un seul objectif : la Fraternité Maçonnique, ayant constaté que toute la maçonnerie ne la pratiquait que très rarement, et comme il disait, on se doit de respecter les dernières volonté d’un mort…

Ce soit là, après avoir lu un des sermons de Maître Eckhard, il s’endormit d’un sommeil profond, avec depuis bien longtemps les mêmes cauchemars qui le tarabustaient et l’agitaient. Son enfance, sa Jeunesse, ses regrets, sa lâcheté, son indifférence et même sa sexualité. Et comme souvent il déambulait dans des villes anciennes, avec des maisons qu’il avait habitées, lui semble-t-il. Sur une place, il avisa de prendre une longue rue, et au fur et à mesure de sa marche, la rue devenait de plus en plus bleue, d’un bleu luminescent, avec au loin une lumière intense et impossible sur Terre. Il se souvint de Goethe sur son lit de mort réclamant de la Lumière. Son âme su qu’il avait franchi la frontière, de la vie terrestre à la vie, mais à quelle vie, il ne le savait pas encore. De même que la notion de distance comme celle du temps n’avait plus de réalité terrestre, il s’approchait tout en s’éloignant de la Lumière, il était passif, alors que le restant de son mental, essayait de tout comprendre, de tout analyser, impossible… !

Une silhouette, finit par sortir de la Lumière, il reconnut Yezalel, son ange gardien, de son passage sur Terre, notre Maçon avait souvent invoqué son ange gardien et maintenant ils étaient face à face, son Ame sentit les reproches, si l’expression de passer à la loupe son existence, avait du sens sur Terre, c’est bien de cela qu’il s’agissait dans ce tête-à-tête. Il s’agissait de reproches que son Ange gardien lui faisait, en particulier celui de ne pas avoir pris à plusieurs reprises, ce que les Hommes, appellent l’Inspiration dans son plus haut degré et l’intuition, dans la banalité des jours, comme avertissement lui signifiant aussi que Yezalel avait suivi avec intérêt, sa vie terrestre.

Il ne c’était pas rendu compte, que lors de sa marche dans la rue bleue, son corps, petit à petit s’effilochait, et ce n’est que devant son ange gardien, qu’il prit conscience que c’était son Ame qui était face à Yezalel… Yezalel lui confia qu’il avait de la chance, et le pria de regarder en direction de la Lumière, ce qu’il vit l’étonna : tous les chiens qui lui avaient tenu compagnie lors de son passage terrestre étaient devant lui avec toujours le même regard d’amour.

« Ils vont t’accompagner pour un autre passage et comme tu as été un bon maitre, il vont te protéger lors de ce voyage, en t’évitant les dernières embuches du Mal » !

Il parti donc accompagner de sa meute. Plus il avançait, plus il sentait une douce oppression, ni malveillante, ni bienveillante, non, comment dire, une anxiété confuse, l’Ame groupe de ses chiens, guidait ses pas et il avançait, sans marcher, c’était en fait, les paysages et les différentes lumières qui s’approchait de lui, comme pour le tester, comme pour l’observer et le juger.

Arrivé devant le Temple de Salomon, la petite troupe de chiens laissa l’Ame de notre Maçon seule, cette dernière entra dans ce qui semblait être un Temple, mais qui ressemblait à une antichambre, et où, la Lumière brillait par intermittence.

Salomon se présenta à notre Frère terrestre ; et prit la Parole, pour lui faire remarquer toutes ses insuffisances accumulées lors de son passage dans la Matière, et dit ceci : « à l’instant tu as pu voir que la Lumière brillait d’une façon discontinue, et tu n’as pas compris, et pourtant c’est simple, chaque éclipse de Lumière avait pour but de te laver de toutes tes imperfections terrestres, et tu a constaté, la fréquence élevée de ces éclipses, et tu n’était pas le Maçon parfait que tu prétendais, être. Te souviens-tu de ce Rite, qui parle de trancher la main du mauvais ouvrier ? Ame imparfaite tu es dans la même situation, sur Terre, tu devais apprendre à connaître le plan du GADLU, et surtout le mettre en œuvre, afin de construire sur Terre l’Eden céleste, à l’identique de l’Eden céleste. Ton dernier travail est le suivant, tu vas revenir sur Terre, que tu as quitté voici 144 ans en temps humain, tu trouveras une Maçonnerie en état de décomposition, ayant perdu de vue ses Devoirs vis-à-vis de la Tradition Primordiale, tu devras donc, reconstruire un autre réceptacle, capable de recueillir ce qui reste de l’Initiation, afin que l’Homme ne sombre pas dans la Chute sans fond du matérialisme. C’est ton dernier travail avant de rejoindre le Principe Premier, mais aussi la dernière chance pour l’Humanité, qui risque de revenir à l’état bestial ».

L’Ame prit le chemin de gauche et recommença sa descente sur Terre… !

P\ L\


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