GLSA Loge : La Bonne Harmonie - Orient de Neuchâtel - Suisse Date : NC

Rites et Hauts Grades

Les Rites ou Systèmes maçonniques posent les règles des Rituels particuliers à chaque degré et à chaque type de cérémonie maçonnique. Les premiers Rites pratiqués par la Franc-maçonnerie moderne de 1723 sont issus d'une synthèse d'anciens catéchismes maçonniques et de cérémonies antérieurs à 1717, avec des emprunts probables à la Maçonnerie opérative écossaise – synthèse à laquelle la Grande Loge de Londres (dite « des Modernes ») a apporté plusieurs innovations, notamment le troisième degré associé au mythe d'Hiram.

Par la suite, les Loges du Continent, qui pratiquaient le Rite de cette Grande Loge apporteront leurs propres modifications, ce qui explique les nombreux Rites et Systèmes maçonniques pratiqués aujourd'hui dans le monde. Certains se limitent volontairement aux trois premiers degrés exclusivement, comme le Rite Schroeder, par exemple; d'autres, au contraire, y ajoutent une série de degrés complémentaires appelés Hauts Grades dans certains cas.

Les Rites peuvent varier suivant les Loges ou les Obédiences: certaines Obédiences regroupant des Loges d'un même Rite, d'autres regroupant des Loges de Rites différents. Le cas de la Grande Loge Suisse Alpina (GLSA) est, à cet égard, assez particulier. La Grande Loge Suisse Alpina est en effet une fédération de Loges qui, au moment de leur union en 1844, dépendaient d'Obédiences étrangères ou s'en réclamaient, ce qui explique la diversité de Rites et Systèmes pratiqués. Cette diversité est encore accentuée par le fait que les Loges demeurent souveraines en matière de Rituels pour les trois premiers degrés d'Apprenti, Compagnon et Maître, sous réserve de l'approbation des autorités de la GLSA. De leur côté, les autorités des Rites administrant les degrés complémentaires et les Hauts Grades sont indépendantes des autorités de la GLSA et souveraines pour la pratique de ces degrés. Mais elles doivent recruter leurs membres uniquement dans les Loges de la Grande Loge Suisse Alpina, où elles n'ont, par ailleurs, aucun droit ni privilège à faire valoir.

Les Systèmes ou Rites maçonniques pratiqués au sein de la Grande Loge Suisse Alpina sont actuellement au nombre de cinq: le Rite de Schroeder, proche du Rite anglais ancien et qui se limite aux trois premiers degrés; le Rite Emulation qui revendique une filiation aux plus anciens rituels de la Franc-maçonnerie opérative anglaise; le Rite Français qui détient les formes les plus proches de la Maçonnerie moderne de 1717 pratiquée en France sous l'influence de Maçons anglais; le Rite Ecossais Ancien et Accepté, basé sur les Grandes Constitutions de 1786 attribuées à Frédéric II de Prusse, qui comprend 33 degrés; le Rite Ecossais Rectifié qui comprend 6 degrés, il est issu en 1778 du Système de la Stricte Observance qui avait été fondé en 1756 en Allemagne par le baron de Hund.

Le Rite de Schroeder

Frédéric-Louis Schroeder (1744-1816), directeur du Théâtre Municipal de Hambourg et Grand Maître de la Grande Loge de Hambourg, passa près de vingt ans à la mise en forme définitive du Rite qui porte son nom. Allergique à l'aspect chevaleresque qui caractérise la symbolique de la plupart des Hauts Grades, il réforma les cérémonies de son Obédience dans le sens d'une plus grande simplicité, en remettant en vigueur l'usage du Rite anglais ancien et en ne prenant en considération que les trois premiers grades. Le Système de Schroeder était le plus démocratique de tous les Rites pratiqués en Allemagne avant la deuxième Guerre mondiale, ce qui fit son succès. Actuellement, il est pratiqué par la Grande Loge des Anciens Maçons Libres et Acceptés d'Allemagne, par la Grande Loge d'Autriche et par quelques Loges de la Grande Loge Suisse Alpina, ces dernières y ayant toutefois apporté quelques modifications mineures.

Le Rite Emulation

Créé en 1813 par Peter Gilkes, le Rite Emulation revendique une filiation aux plus anciens rituels de la Franc-maçonnerie opérative. Il tient son nom de la Loge "Emulation of Improvement" (perfectionnement) qui s'est réunie pour la première fois en octobre 1823 au Freemason's Hall à Londres. C'est le Rite le plus pratiqué au sein de la Grande Loge Unie d'Angleterre. Introduit en France en 1925, il fut adopté par plusieurs Loges de la Grande Loge Nationale Française et en Suisse par quelques Loges de la Grande Loge Suisse Alpina. Une des particularités de ce Rite, qui ne pratique que les trois premiers grades, est l'oralité: les cérémonies doivent être pratiquées par cœur; pratique qui provient de l'époque où, autant dans le Compagnonnage qu'en Franc-maçonnerie opérative, les Rituels étaient appris par cœur car, dans l'esprit de sauvegarde du secret du métier, rien ne devait être écrit.

Des degrés additionnels (qui ne sont pas considérés comme des Hauts Grades mais comme de simples compléments au 2e et au 3e grade) viennent compléter les 3 degrés symboliques du Rite Emulation tout en étant administrés séparément du Rite. Ce sont les degrés de Royal Arch et de Mark Master.

Le degré de Royal Arch est considéré comme un complément au grade de Maître (et non comme un 4e grade) censé contenir la quintessence de la philosophie maçonnique. Il possède son propre Rituel et est administré par un Chapitre autonome.

Le degré de Mark Master ou Mark Mason, dit de la Maçonnerie de la Marque, est, quant à lui, une continuation de l'ancien grade opératif de Compagnon (à l'origine, le grade de Compagnon était le dernier degré initiatique, l'appellation de Maître étant réservée uniquement au Maître ou Vénérable qui présidait la Loge). Son enseignement met l'accent sur la fameuse "pierre angulaire" rejetée par les bâtisseurs, dont il est fait mention dans la Bible (Psaume 118:22, Matthieu 21:42, Marc 12:10, Luc 20:17) et, qui est devenue la pierre d'angle maîtresse de l'œuvre. Sur cette pierre en forme de coin, qui n'est autre que la clé de voûte de l'édifice, le Mark Master inscrit sa "marque", signe géométrique que l'on retrouve sur les édifices monumentaux et religieux.

Le Rite Français

Le Rite Français détient les formes les plus proches de la première Franc-maçonnerie pratiquée en France vers 1725 sous l'influence de Maçons anglais. C'est la traduction en français des rituels de la Maçonnerie andersonienne de 1717, qui donnera naissance au Rite Français, appelé aussi plus tard, au 19e siècle, Rite Français Moderne.

Ce Rite se caractérise par le fait qu'il n'a pas subi d'influence étrangère; il s'est simplement développé et enrichi au cours du temps par son dynamisme propre. Il est le meilleur représentant actuel de la pratique générale des Loges françaises du 18e siècle et comprend 7 degrés: Apprenti, Compagnon, Maître, Elu, Ecossais, Chevalier d'Orient et Chevalier Prince Rose-Croix. Il est pratiqué aujourd'hui en France, en Belgique et en Amérique du Sud, ainsi que, mais seulement pour les trois premiers degrés, dans certaines Loges de la Grande Loge Suisse Alpina.

Le Rite Ecossais Ancien et Accepté

La doctrine connue sous le nom d'Ecossisme, qui servit de base à la constitution des premiers Hauts Grades de la Franc-maçonnerie ou grades chevaleresques, serait issue, entre autres, du célèbre "Discours" attribué au noble Ecossais André Michel de Ramsay, et prononcé pour la première fois le 26 décembre 1736.

Les premiers Hauts Grades apparaîtront alors en France sous l'appellation de Maîtres Ecossais, en 1743, suivis du grade de Chevalier d'Orient en 1749. Par la suite, des Chapitres et Conseils seront institués pour la pratique de ces grades. Puis viendront encore s’ajouter d’autres degrés qui seront à l'origine des Hauts Grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté. C'est, en effet, un Maçon nommé Etienne Morin, originaire de Cahors, qui répandra aux Antilles et en Amérique du Nord ce Rite dont les degrés seront alors portés à trente-trois. De là naquirent les Suprêmes Conseils des Grands Inspecteurs Généraux du 33e et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA) de Charleston en 1801 et de Paris en 1804, dont le fondateur fut le comte Alexandre de Grasse-Tilly, fils du célèbre amiral français de la Guerre d'Indépendance des Etats-Unis.

Réparti aujourd'hui en plusieurs Suprêmes Conseils indépendants dans le Monde, le REAA regroupe ses trente-trois degrés en différentes catégories:

Loges bleues ou symboliques, du 1er au 3e degré, Maître;
Loges de Perfection, du 4e au 14e degré, Grand Elu de la Voûte Sacrée;
Chapitres, du 15e au 18e degré, Chevalier Rose-Croix;
Aréopages, du 19e au 30e degré, Chevalier Kadosh;
Tribunaux, 31e degré, Grand Inspecteur;
Consistoires, 32e degré, Maître du Royal Secret;
Suprême Conseil, 33e degré, Grand Inspecteur Général.
Les trois derniers degrés sont des grades administratifs, le trentième ou Chevalier Kadosh constituant la synthèse finale des grades initiatiques du Rite. Le Suprême Conseil du Rite est pour les grades 4 à 33 l'équivalent de l'Obédience pour les Loges bleues.

Le Convent international de Lausanne qui réunissait en 1875 les Suprêmes Conseils de l'époque, dont ceux de France et d'Angleterre, a posé et adopté les Principes de base qui définissent l'esprit du REAA. On y trouve notamment cette citation: "Pour relever l'homme à ses propres yeux, pour le rendre digne de sa mission sur la terre, la Maçonnerie pose le principe que le Créateur suprême a donné à l'homme comme bien le plus précieux, la Liberté; la liberté, patrimoine de l'humanité tout entière, rayon d'en haut qu'aucun pouvoir n'a le droit d'éteindre ni d'amortir et qui est la source des sentiments d'honneur et de dignité." Ce Rite est pratiqué un peu partout dans le monde et par bon nombre de Loges de la Grande Loge Suisse Alpina pour les trois premiers degrés et sous les auspices du Suprême Conseil de Suisse pour les degrés suivants.

Le Rite Ecossais Rectifié

L'origine de ce Rite remonte au Système de la Stricte Observance, fondé en 1756 par le baron de Hund, initié à Paris. Ce Rite invoquait bien sûr, comme la plupart des Systèmes de Hauts Grades de l'époque, la filiation templière.

A la mort du baron de Hund en 1776, le Rite de la Stricte Observance, constitué en Directoires Ecossais, allait évoluer et préciser ses objectifs lors des Convents de Lyon, 1778, et de Wilhelmsbad, 1782, sous la présidence de son nouveau Grand Maître, le duc Ferdinand de Brunswick. Depuis lors, le Rite a pris le nom de Rite Ecossais Rectifié et se compose des Loges de Saint-André, d'une part, correspondant au grade de Maître Ecossais, et de l'Ordre intérieur, d'autre part, comprenant les Ecuyers Novices et les Chevaliers bienfaisants de la Cité Sainte (CBCS). Un Grand Prieuré, organisé en Commanderies et Préfectures, dirige l'ensemble.

Le Rite Ecossais Rectifié est pratiqué en France et en Suisse. En Suisse, plusieurs Loges de la Grande Loge Suisse Alpina pratiquent ce Rite pour les trois premiers grades et le Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie administre les degrés suivants de Maître Ecossais à CBCS.

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